livre
comme l'air !
Le site web de Johanna Gleise,
romancière.
Bienvenue dans mon univers!
AUTOMNE 2026
Dans nos jardins se préparent des forêts.
René Char
RENCONTRES DE L’AUTOMNE
(septembre – octobre – novembre 2026)
SEPTEMBRE
Dimanche 13, Marseille, La Coque (2e arr, place basse Henri Vereneuil), 10h-18h: « le dernier salon avant la fin du monde », salon du livre indépendant Science-Fiction/Fantastique/Fantasy, organisé par l’association Encr’autonome.
OCTOBRE
Samedi 17 octobre, Villeneuve (04), salle polyvalente 10h-18h: salon du livre
NOVEMBRE
Samedi 7 novembre, Le Bar-sur-Loup (06): rencontre littéraire chez l’habitant. Chez Julie à 17h (sur réservation uniquement, au 0610466881)
JOURNAL DE L’ECRIVAINE
Ce texte était dans ma « lettre de l’écrivaine » du mois d’octobre. Chaque mois, j’envoie des nouvelles à mes lecteurs, avec les infos sur les projets, les dates des prochaines rencontres, un extrait du journal de l’écrivaine, des inspirations et autres petites surprises… C’est mon principal canal de communication, car je ne suis pas régulière sur les réseaux sociaux.
Si tu souhaites recevoir ces lettres, inscris-toi en deux clics ici! Tu peux te désincrire facilement à tout moment.
OCTOBRE 2026
L’enfant écrivain
Les feuilles d’or tombent dans le vent. Les premiers givres blanchissent les prairies, j’ai récolté les courges dans le jardin, le poêle ronronne, la nuit tombe tôt, je bois le thé face à mon roman en chantier, en regardant le ciel gris. J’essaie d’écrire, mais les autres choses à faire m’envahissent trop et me pèsent. Je n’ai pas envie d’être active. J’aimerais rester dans ma tanière, et que le monde extérieur m’oublie. Je sens que mon énergie a besoin d’être renouvelée, régénérée, et pour ça, je dois d’abord faire comme la forêt: nourrir mon humus.
Depuis qu’on a fini de retravailler les Encerclés avec mon éditeur, il m’est arrivé un étrange phénomène: j’ai eu l’inspiration bloquée. Une sorte de déformation professionnelle, incrustée en moi après un mois de relectures, me pousse à penser en terme de corrections plutôt qu’en terme d’inspiration. Chaque fois que je relis ce que j’ai écrit, je trouve que c’est nul et j’ai envie de corriger. J’ai l’impression de ne pas être satisfaite de tout ce que j’ai produit jusqu’à maintenant, j’ai un peu perdu confiance. Je crois que l’auto jugement est l’un des pires ennemis de l’inspiration. Je doute de moi, de tout, et notamment d’écrire du fantastique, car je sais que ça ne plaît pas à tous mes lecteurs et je ne trouve plus la justesse, entre écrire pour soi et écrire pour les autres.
Pour retrouver l’inspiration, j’ai une astuce imparable: je me reconnecte à ce qui m’animait lorsque j’étais enfant. En oubliant ce qui me pèse aujourd’hui, en renouant avec l’enfant écrivain que j’étais, je retrouve toujours le plaisir d’écrire: car l’enfant écrivain ne se jugeait pas, il ne corrigeait pas, ne pensait pas à la com’, ni à la productivité. Il ne pensait à rien d’autre qu’à son imaginaire, son histoire à écrire, à inventer. Et à s’amuser.
Dans cette idée, je me suis replongée dans mes vieux manuscrits. Je les ai tous gardés précieusement dans un sac rempli de pochettes de toutes les couleurs. Là-dedans, il y a tous mes trésors ramenés de l’enfant écrivain.
Il y a les différentes versions des Encerclés, écrites à la main mais aussi la version tapée à la machine à écrire. Mes deux premiers romans commencés à l’école, quand j’avais 7 ou 8 ans (je n’avais écrit que les premiers chapitres). Il y a aussi « Ignotusa », mon premier thriller et le tout premier roman que j’ai su terminer, à 14-15 ans (mais que je n’ai jamais fini de taper à l’ordinateur). Il y a encore un autre roman rédigé entièrement à la main, de plusieurs centaines de pages, du genre fantasy, que j’avais dû écrire vers mes 13 ans mais que je n’avais pas achevé.
Et juste avant celui-ci, il y avait Le manoir.
C’était mon premier projet de roman sérieux, même si je n’avais écrit que le début. J’avais 10-11 ans. Inspiré de l’univers de la magie et des jeux qu’on faisait dehors avec ma sœur et nos voisins, c’était un roman fantastique dont l’histoire se passait au sein d’une coloc’ de quatre frères et sœurs sorciers vivant dans un manoir. Je ne me rappelle plus l’intrigue que je comptais y développer. Je me souviens que j’avais été inspirée par les personnages qu’on s’était créés et avec lesquels on fabriquait des histoires, en direct, dans notre grand jardin commun.
Nous étions ces quatre sorciers et ce jardin était notre manoir. Le rond de béton, qui avait dû être prévu pour une piscine, était la cuisine. On y avait installé des bancs en bois et des tables. On y mélangeait de la terre et de l’eau pour faire varier les consistances de nos plats, gâteaux et potions imaginaires. On récoltait les glands des grands chênes pour les utiliser en cuisine ou encore comme munitions lors de batailles épiques. Lorsqu’il commençait à geler, on brisait la glace des cuves du papi pour prendre l’eau. La balançoire, c’était un parcours d’épreuves: il y avait de la lave au sol, qu’il ne fallait surtout pas toucher. Le talus surplombant le jardin, c’était nos chambres. On y allait avec prudence depuis que ma soeur s’était planté un clou dans le pied en sautant sur une vieille planche!
Le passage entre les lilas (qui étaient en fait la séparation officielle entre nos jardins) était toujours la porte d’entrée du manoir. Il y avait une sonnette (imaginaire) sur le côté pour que les visiteurs annoncent leur arrivée. On sortait aussi par là et on enfourchait nos balais pour s’envoler. Quand on se disputait avec nos voisins, la frontière entre nos jardins était brusquement rétablie et chacun retournait de son côté des lilas, dans son jardin respectif… mais on refaisait généralement la paix assez vite.
La cabane en bois qui servait d’abri de jardin, pleine d’araignées, était un placard lugubre ou parfois, une prison. Et en bas, dans la forêt de chênes plus sauvage, où le sol était jonché de feuilles mortes et d’un lierre mystérieux qui serpentait, c’était la cave du manoir: l’endroit le plus inquiétant et le plus secret.
J’avais fini par vouloir faire un roman inspiré de toutes les aventures que vivaient nos personnages.
Quand j’ai du mal à retrouver l’inspiration, je pense à ce qui m’animait alors à cette époque. Je mets de côté mes tracas d’adulte et redeviens l’enfant écrivain. En réalité, il n’est jamais bien loin derrière ma plume. A 34 ans j’ai encore plein de cahiers, j’adore toujours l’automne, je me suis remise à écrire du fantastique, et quand je sors les après-midi d’octobre, lorsque la nuit tombe tôt, que la fête d’halloween approche, que les premiers froids s’installent, que le vent apporte l’odeur des cheminées qui fument et des premières neiges sur les sommets, mes sensations sont exactement les mêmes que celles de l’enfant que j’étais. C’est comme un puits dans lequel je peux toujours aller repuiser mon inspiration.
A cette occasion, j’ai envie de t’offrir un petit cadeau de l’enfant écrivain. J’ai tapé à l’ordinateur le début du Manoir, en le laissant exactement tel qu’il était quand je l’avais écrit. Avec les mots exacts, la disposition et les fautes d’orthographe originales de l’écrivaine que j’étais à 10 ou 11 ans. J’ai un peu honte, forcément, mais j’ai surtout beaucoup de tendresse pour ce petit trésor que j’ai remonté du puits aujourd’hui.
Si tu as un enfant de cet âge-là environ, n’hésite pas à lui faire la lecture et à continuer l’histoire avec ta propre imagination 😊
ManoirHOURRA !

L’adaptation audio de Carpe Noctem est bouclée et achevée pour de bon! J’ai travaillé si longtemps dessus que j’ai du mal à y croire. Je suis impatiente de pouvoir le diffuser. Sortie attendue en novembre 2019…… euh… en novembre 2027!!
Par ici pour écouter les cinq extraits exclusifs!
Et oui, la patience est tout.
« Cela seul s’appelle vivre l’expérience de l’art, qu’il s’agisse de comprendre ou de créer. Là, le temps ne peut servir de mesure, l’année ne compte pas, et dix ans ne sont rien. Être artiste veut dire ne pas calculer ni compter. Mûrir comme l’arbre qui ne hâte pas sa sève et qui, tranquille, se tient dans les tempêtes de printemps sans redouter qu’après elles puisse ne pas venir l’été. Il vient, de toute façon. Mais il vient seulement chez ceux qui, patients, sont là comme si l’éternité s’étendait devant eux, insoucieusement calme et ouverte.
Je l’apprends tous les jours, je l’apprends auprès de douleurs envers lesquelles j’ai de la gratitude: la patience est tout. »
(Lettres à un jeune poète)
Nouveau spectacle 2026 !
JUSQU’AU FOND DU MONDE
Philippe Séranne, Johanna Gleise
Romans, chansons, piano, dessin live, machines sonores et lumières magiques.
Un récit intense où deux destins, pris dans une quête impossible, se croisent et s’entremêlent. Un voyage littéraire, musical et sensoriel vers le centre de nos cœurs pour toucher, à travers nos drames et nos lumières, ce qui nous fait aimer, changer, surmonter, espérer.
Suite à un incident, une Porte mystérieuse s’ouvre entre notre monde et celui du dessous. Une nuit d’automne, portés par le souffle qui remonte de leurs propres fissures, un homme et un femme qui ne se connaissent pas partent pour le monde d’en bas. Mais leur rencontre imprévue bouleverse leurs destins et le sens de leurs voyages.
Si vous souhaitez recevoir ce spectacle ou connaissez un lieu qui pourrait l’accueillir, contactez-nous! (Piano acoustique sur place obligatoire)
Grande nouvelle pour Les Encerclés, mon tout premier roman qui fête ses 10 ans cette année!
Ce roman sera publié au printemps 2027 par les éditions Perles Rares!!! Voilà près d’un an et demie que je me suis mise à chercher un éditeur, pour diffuser mes livres plus largement et le faire avec un partenaire. Par une histoire d’heureux concours de circonstances, de discussions et de liens (merci à Philippe, Jérôme puis Jean qui ont formé cette chaîne!!) j’ai pu rencontrer Gilles Vincent, le directeur des éditions Perles Rares. Il a tout de suite craqué sur les Encerclés et a choisi de démarrer notre aventure éditoriale par mon roman d’adolescence.
A suivre!!!!
Le tome 2 du Monde sous le monde est sorti le 12/12/2025 !
Une Porte qui s’ouvre vers le monde d’en dessous et ses démons, nos démons. Cinq vies qui se croisent, cinq destins qui s’entremêlent. Un automne intense et mystérieux, au cœur des Alpes de Haute Provence, dans un monde en pleine métamorphose. Un mélange de réel et d’imaginaire, de démons et d’humanité, d’ouvertures et de frontières, d’aventure et de beauté…
Romans multigenres adulte/jeune adulte, intenses et poétiques, imaginaires, philosophiques. Imprimés à Digne les Bains sur du papier recyclé, illustrés et reliés à la main par l’autrice.
♥ VOS MOTS SONT SI BEAUX ♥
« On est au delà du fantastique, de l’imagination, de la description de l’action ou d’un nouveau monde. On est au profond du ressenti. On plonge à l’intérieur de ce truc étonnant et effrayant qu’est un être humain au moment où il se pose des questions sur ses propres actions. On ouvre une porte sur le monde volcanique de la pensée humaine. Unique. »
Jean Darot, auteur, éditeur et lecteur
« Je n’ai jamais vécu une aussi belle expérience de lecture. » Léa, lectrice
« ça faisait longtemps qu’un roman ne m’avait pas tenue éveillée comme ça! »
Alexia, lectrice
« Tu écris la part secrète des âmes diluées dans le chaos. J’aime ta poétique poignante, tranchante et bouleversante. Dans les temps froissés de cet automne j’aime entendre ton chant parmi les doutes et les fêlures. »
Hélène, lectrice et animatrice d’atelier d’écriture
les étoiles sont derrière les murs
Notre dernière tournée en pianovélo s’est terminée début avril. Pendant deux semaines, « les étoiles sont derrière les murs » ont voyagé à vélo du centre de Paris aux portes de l’Yonne, de l’imposante locomotive des Frigos au paisible village de Blennes, en passant par les lumineuses Serres de Beaudreville et une jolie boutique d’Opticiens, par les villes la Seine et les forêts. Seulement six représentations, un rythme enfin tranquille, et plein de belles rencontres, de découvertes et paysages au fil de la route. Merci à tous nos accueillants et aux personnes qui sont venues voir notre spectacle! Quelques photos, paysages, contrastes à voir ici.
Et Découvrez aussi…
Mon carnet de tournée, entre arts et voyages… à écouter gratuitement!
Ma première trilogie
fête ses 10 ANS cette année !
Mon premier roman!
Sorti en mars 2016!
Roman adolescent, révolté, qui monte en puissance, rempli de doutes et de questions, de fureur de vivre, d’élan de liberté…
Cueille la nuit !
Sorti en 2018… AVANT les Gilets Jaunes!!
Action, adrénaline et questions sociales/politiques. Roman de révolte et d’humanité qui nous plonge dans un combat effréné pour la liberté, en plein coeur des « Basses Alpes ».
Il sera publié en livre audio en 2026!
Le dernier de la trilogie !
Sorti en 2022, après 4 ans de travail!
Roman psychologique et policier, mêlant enquête et introspection, quête de soi et action, doutes et basculements, amours, déconstructions et révolutions intérieures…
Interview avec Pierre Nicolas (Haute Provence Info) à propos de la trilogie:
Rencontre littéraire chez vous
Vous invitez du monde chez vous, et je viens avec mes livres pour faire connaissance. L’idée est de mélanger rencontre littéraire et convivialité. De mettre un peu de quotidien dans la littérature, et un peu de poésie dans le quotidien. On choisit ensemble la date et la formule qui nous ira: brunch, goûter, apéritif, repas, soirée, petit-déjeuner, pique-nique, tout est possible! Je préconise au moins une dizaine de convives. La rencontre est une présentation de mes romans agrémentée d’échanges autour de la création littéraire, des méthodes d’écriture et de la vie d’écrivain, mais aussi de lectures d’extraits. Mon déplacement chez vous est gratuit, mais si vous habitez loin, je pourrais apprécier d’être hébergée un soir! Un exemplaire du roman vous sera offert pour vous remercier de contribuer à le diffuser.
Si l’idée vous intéresse, et même si vous ne savez pas comment vous y prendre, n’hésitez pas à me contacter au 0610466881 ou par mail: johanna.gleise@gmail.com
Si vous connaissez un lieu près de chez vous susceptible de me recevoir pour une rencontre (bibliothèque, lieu associatif ou culturel, café, ou chez votre voisin…) je suis preneuse de contacts, partout en France!
Ce sont nos liens qui tissent ma toile. Alors merci, de tout cœur!
Romancière de 33 ans habitant à Seyne, dans les Alpes de Haute Provence, j’explore l’être humain et l’intensité de la vie dans des romans passionnés qui transportent autant qu’ils questionnent.
Par enthousiasme et liberté, j’écris hors des genres cloisonnés, dans des formes qui jouent avec leurs récits, et façonne chaque livre comme un objet d’artisanat. Mes romans sont imprimés à Digne les Bains par l’imprimerie Arc en Ciel, sur du papier recyclé. Je les illustre, les conçois et les perfore moi-même avant de relier chaque exemplaire à la main (par reliure japonaise) ce qui en fait des objets d’art personnels, durables et vivants.
Ayant toujours voulu être « artisane d’histoire », j’ai choisi très tôt d’en faire mon métier, d’y consacrer la majeure partie de mon temps et d’assurer moi-même la diffusion de mes romans. J’ai publié cinq romans en autoédition indépendante depuis 2016. En 2027, mon tout premier roman « Les Encerclés » sera publié en poche aux éditions Perles Rares et connaîtra une nouvelle aventure!
Roman en cours de fabrication !

Qui suis-je ?
C’est toujours difficile d’écrire quelque chose dans une section « qui suis-je ».
Premièrement, je me suis rendu compte que j’avais besoin de rafraîchir cette section régulièrement. Au moment où j’écris ces lignes nous sommes en janvier 2025, et le texte que je viens d’effacer pour écrire celui-ci à la place datait de deux ans: il n’était plus vraiment à jour, même s’il ne racontait rien de faux sur moi. La photo elle-même n’est pas la plus récente, elle date de 2015, mais je l’aime bien. Elle a été prise au Japon lors de mon premier voyage là-bas, dans un musée d’art contemporain des environs de Tsuyama. J’avais 22 ans, j’avais les cheveux courts, je portais mes lunettes rouges et cette veste jaune imperméable, « Phoenix », que j’avais achetée à Tokyo au début du voyage. J’étais en couple avec Samuel, on travaillait ensemble comme aides-gardien au refuge de l’Estrop l’été, et le reste du temps, on voyageait au Japon. Et j’écrivais. J’allais bientôt publier mon premier roman, « Les Encerclés », et faire mes premiers pas dans l’autoédition. Je venais de terminer mon master de philosophie à la fac d’Aix en Provence et j’avais pris un virage décisif, de ceux que tu ne peux faire qu’avec les tripes: j’avais décidé de sortir complètement du milieu universitaire pour être saisonnière et écrivaine. Moitié à la montagne et dans la sueur, moitié dans le rêve et l’écriture.
J’ai souvent eu un pied entre deux choses. Les activités physiques de plein air d’un côté et le travail intellectuel de l’autre. Se sentir animal mais analyser beaucoup. Être dans l’action mais aimer aussi la contemplation, la flânerie. Chercher l’aventure et le mouvement mais avoir besoin d’immobilité et de sédentarité. Au restaurant j’ai souvent du mal à choisir ce que je veux manger. Je peux hésiter une heure entre deux pulls à mettre un matin. Et à l’inverse prendre un grand virage dans ma vie d’un seul coup, à peu près sans aucune crainte ni hésitation. Passer de l’amour exclusif et fusionnel au polyamour et inversement! Ca me vient peut-être de mon signe, balance ascendant gémeaux!! J’ai parfois du mal à trancher, à avoir un avis franc, à choisir entre deux choses. J’aime la nuance, les incertitudes, la multiplicité, la pluralité, mais aussi les absolus, les évidences qui te viennent du corps, la solidité face à tout ce (et tous ceux) qui essaient de te faire tanguer. J’aime à la fois les choses bien affirmées et celles qu’on n’arrive pas à saisir. J’aime l’intensité mais aussi les choses qui durent. L’idéal étant de pouvoir combiner les deux, là encore. J’aime le format long, c’est pour ça que j’écris des romans et non des nouvelles. J’aime les relations longues, les flammes qui s’entretiennent, les choses qui tiennent. Et parfois aussi, inévitablement, celles qui lâchent.
Certains ayant lu « Le monde sous le monde », en lisant ça penseront peut-être au personnage de Ren. Oui je suis un peu « Ren », mais je suis aussi un peu chacun de mes personnages, de tous mes personages. Je suis un peu Gina, un peu Iris, un peu Icare, un peu Léopold, un peu Phénix, un peu Pamela, un peu Sélène……. Ce que je trouve essentiel dans l’écriture de la fiction, c’est qu’elle développe notre capacité d’empathie. Quand on lit un livre, mais plus encore quand on l’écrit, on est obligé d’être capable de se mettre à la place de quelqu’un d’autre.
J’aime écrire des histoires, j’aime la vie, j’aime écrire des histoires qui aiment la vie, la vie dans toute sa fureur, son intensité, ses couleurs. « Plutôt la vie », écrivait André Breton dans son poème. Je serai toujours du côté du « Plutôt la vie ». Même dans ses ombres et ses ténèbres. J’aime écrire des histoires où il y a assez de ténèbres pour nous faire mieux goûter la lumière. J’aime l’idée que l’on peut tout traverser, et mieux, tout sublimer. Que les épreuves nous renforcent et nous font grandir.
Je suis positive, optimiste, insouciante, joyeuse malgré moi. Ca me vient peut-être de mon prénom, Johanna, dans lequel il y a « joie ». J’aime les rencontres, les imprévus, l’aventure, le changement. J’aime manger, faire du sport, écouter de la musique, m’amuser, être seule, être amoureuse. J’aime le vent, les éléments, la poésie, les discussions de comptoir. J’aime créer, peut-être par-dessus tout. Je crois que l’une des phrases que je dis le plus souvent c’est « j’ai envie de faire ça ».
Je suis infiniment reconnaissante envers mes parents qui m’ont offert une base saine et solide sur laquelle construire ma vie, une enfance avec beaucoup d’amour, d’insouciance, de sécurité. Qui ont su me donner la matière pour développer mon imagination, qui m’ont donné une santé robuste et le goût des relations saines.
Aujourd’hui dix ans me séparent de cette photo, de cet après-midi pluvieux passé dans ce musée des environs de Tsuyama dont je ne me rappelle plus le nom, en compagnie de notre hôte Hirono et de sa mère, une grande peintre qui avait près de 80 ans dont j’ai oublié aussi le nom. Aujourd’hui j’ai les cheveux longs, des lunettes rondes, j’ai toujours cette veste « Phoenix » mais je ne la porte plus, et je rêve de retourner une troisième fois au Japon. Je vis toujours à Seyne mais j’ai changé de maison, j’habite avec Jérôme mon deuxième grand amour, et ma chatte Yuki. Je ne travaille plus dans un refuge de montagne mais sur les marchés, et je continue d’écrire. J’en suis à mon cinquième roman.
Je mesure tout ce qui a changé, tout ce qui change en dix ans de vie, et à quel point le « qui suis-je » d’aujourd’hui est différent du « qui suis-je » d’avant, mais je mesure aussi tout ce qui est semblable. Le vrai « qui suis-je », c’est peut-être ce qui reste à travers les changements? Beaucoup de choses changent, certaines restent. Lesquelles disent vraiment de nous ce que nous sommes, je ne sais pas.
En tout cas depuis que je sais écrire, je ne me suis jamais connue autrement que « en train d’écrire un roman ». J’ai toujours un roman sur le feu. Voilà ce que je suis en tout temps de ma vie, c’est certain: quelqu’un en train d’écrire une histoire. Et une vie c’est comme une histoire, ça se construit et se déstructure en même temps qu’on l’écrit. 🙂


